David Telese

A propos d’une animation partagée avec les enfants de l’UAPE de l’Ancien Stand

David Telese est conteur ; il a été approché par l’éducatrice du groupe des écoliers (4 à 6 ans) de l’UAPE de l’Ancien Stand à Lausanne car il est également papa d’un enfant accueilli. Il partage avec nous ses découvertes suite à une animation « kamishibaï » (support de conte japonais) qu’il a mis en place avec l’éducatrice durant les vacances d’automne 2016.

Voici une partie du retour qu’il a fait à l’équipe :
"J’aime la partie symbolique de ce travail. Le fait de mettre en mots une dimension personnelle qui est souvent peu visible. Dans notre société, l’enfant a peu de temps pour aller jusqu’au bout de son monde d’histoires parce que nous avons (=adultes, parents) un quotidien très cadencé qui nous oblige à faire les choses vite."

Offrir aux enfants des moments comme ceux que nous avons vécu durant les vacances d’octobre est magnifique car l’enfant a un espace réservé à sa créativité et à son imaginaire et les adultes présents sont disponibles et ont le temps de se mettre à son écoute. (…)
Je n’avais auparavant travaillé qu’avec des enfants plus grands. Cette expérience m’a permis de répondre à un de mes questionnements qui était : « A partir de quel âge ce travail peut-il démarrer ? A partir de quel moment l’enfant est-il capable de raconter ce qu’il dessine ? ». J’ai remarqué que dès 4-5 ans cet exercice marche. Mais il doit rester un plaisir à réaliser par les enfants et c’est pour cette raison que ceux qui ont plus de difficultés ne doivent pas être bloqués ou sentir une pression. Chaque enfant dessine et raconte ce qu’il peut.

J’ai aussi beaucoup apprécié le binôme éducatrice-conteur. L’enfant peut s’adresser à deux adultes et chacun peut lui apporter des éléments complémentaires. Il y a eu une vraie richesse de partage tant entre adultes qu’entre enfants.

Pour conclure, je trouve que c’est un travail qui va droit dans la créativité de l’enfant. Il a beaucoup de force et de simplicité à la fois. Cela me plaît beaucoup.

L’idée de JOUER tout en apprenant me semble très importante, de même que l’usage et l’apprentissage de la dextérité.

Le verbe ECOUTER est aussi pour moi un verbe très important à relever, notamment lié au fait que l’adulte se mette à l’écoute, à certains moments, du monde imaginaire de l’enfant. En effet, être sensible à cet espace permet à l’enfant d’oser l’expérimenter.

Je trouve également qu’il y a un parallèle intéressant entre mon travail de conteur avec support de kamishibaï et votre travail d’éducation basé sur des réflexions pédagogiques. Vous, vous offrez aux enfants un cadre, qu’ils doivent apprendre à suivre et à respecter pour pouvoir ensuite évoluer librement en toute sécurité. Moi, j’ai un cadre qui m’est imposé et que je ne peux pas déborder, c’est mon Kamishibaï. Mais à l’intérieur de celui-ci, je suis libre de créer et d’imaginer selon ma volonté afin de pouvoir ensuite aller faire connaître mes histoires en emmenant avec moi mon cadre et mes idées mises en images
Je suis très content de savoir que la garderie de l’Ancien-Stand s’intéresse à cet univers autour du kamishibaï. Je me réjouis de découvrir l’exposition que vous allez faire et de connaître l’évolution de votre projet dans le temps.

David Telese
Lausanne, janvier 2017

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