Mélanie Chappuis

Attends, maman, je n’ai pas dit au-revoir à mes adultes. C’est une des paroles de ma fille, notée dans le cahier dédié aux meilleures sorties de mes enfants. Les « adultes » de Paloma étaient ses éducateurs de la crèche de Chailly. Ceux qui remplissaient sa vie alors que j’étais au travail.

Quelques perles de mon fils lui ont aussi été inspirées par ses « années crèche ». Tu sais maman, chez les Moyens, il y a un garçon qui parle jamais. Mais il sait faire des arbres. 

Ou encore :
- Cet après-midi je n’ai joué avec personne.
- Et pourquoi donc ?
- Parce qu’ils étaient tous complets.

Ces quelques phrases font remonter des souvenirs émus. Mes parents habitaient à l’étranger, mes amis dans une autre ville, et c’est aux éducateurs de Chailly que j’ai laissé mes enfants pour la première fois. Je me remémore Christine, la première à s’être occupée de mon aîné de 5 mois. Je lui confiais mes angoisses de jeune maman et elle me rassurait sur mes compétences. J’ai probablement appris autant que mes enfants au contact de leurs éducateurs. Ces derniers et moi-même avons partagé la joie de voir mes enfants marcher, aller sur le pot, passer des gribouillis aux dessins. La belle Sandy et moi nous sommes en outre réparties l’oedipe de mon fils et les crises d’autorité de ma fille. Tous, nous avons été solidaires en tant que malades, plaisantant et gardant le moral alors que nous contractions un énième virus de gastro-entérite. Mes enfants ont grandi, ils ont aujourd’hui 8 et 10 ans, mais ils se souviennent encore des doudous que leur prêtait leur éducateur préféré, Alexandre, lorsqu’ils avaient un chagrin ou méritaient une récompense.

De mon côté, je garde une reconnaissance particulière à ces éducateurs qui ont symbolisé la constance alors que nous divorcions mon ex-mari et moi. Puissent-ils continuer à offrir un monde familier, attentif, joyeux et stimulant à nos enfants, à l’abri des grands chamboulements que ceux-ci vivent parfois au sein de leurs familles.

Mélanie Chappuis, écrivaine et journaliste

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